PSYCHOLOGIE-INTRODUCTION

J’illustre cette section par une vidéo de l’Université d’Harvard portant sur la perception sélective.

Brigitte Axelrad – SPS n° 312, avril 2015

« Le test du gorille invisible (« The Invisible Gorilla ») a été mis au point en 1999 par Christopher Chabris et Daniel Simons, deux chercheurs en Psychologie cognitive de l’Université Harvard, surnommés depuis The Gorilla Guys.

La consigne donnée aux participants était de regarder attentivement une vidéo où deux équipes de joueurs de basket, l’une habillée en blanc, l’autre en noir, se lançaient un ballon, et de compter le nombre de passes entre les membres de l’équipe des blancs. Pendant la partie, une personne déguisée en gorille traversait la scène de droite à gauche en se frappant la poitrine avec ses poings.

On demandait ensuite aux participants combien de passes ils avaient comptées et s’ils avaient vu quelque chose qui sortait de l’ordinaire. Environ 50 % d’entre eux n’avaient pas vu passer le gorille.

Ce test illustre la limite de nos ressources attentionnelles : quand nous effectuons une tâche qui requiert toute notre attention, comme de compter le nombre de passes du ballon, nous pouvons difficilement prendre en compte un stimulus inattendu, comme le passage du gorille. Ce phénomène cognitif est connu sous le nom de « cécité d’inattention » (inattentional blindness). »

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Dans ma carrière d’enseignant, je me suis servi de cette vidéo comme élément déclencheur. Ainsi, j’introduis les notions de limites visuelles physiques de nos yeux et des limites des capacités de notre cerveau de traiter les informations. Par la suite, je fais allusion aux motivations possibles qui ont dirigé mon regard. Notre perception étant toujours personnelle et sélective. Finalement, je fais le parallèle avec nos opinions personnelles basées sur notre connaissance partielle de la réalité imparfaitement saisie.

Au-delà de mes objectifs pédagogiques faisant appel au savoir (mémoire, compréhension, application, analyse et synthèse), j’essaie d’accompagner l’élève dans un processus de croissance personnelle de l’être (se situer comme individu dans ses expériences personnelles vis-à-vis d’autres individus vivant des expériences personnelles différentes ; adopter des comportements adaptés à nos différences, etc.). Pour nourrir la discussion, je cible une qualité que je trouve essentielle pour cheminer sur ce chemin possible de la rencontre de soi et de l’autre : l’humilité.

En fait, j’identifie cette attitude humaine essentielle dans une démarche scientifique, nécessaire pour développer de saines relations humaines et fondamentale pour ouvrir à l’appel de Dieu. Pour les scientifiques, j’ajouterais : se sentir fragile devant nos propres limites et ressentir la fragilité de l’objet de recherche, l’univers. Posture philosophique consciente de son empreinte écologique que je développerai dans la section science-introduction. Puis, toujours l’humilité, envers une possible option de foi, basée justement sur nos limites à faire le bien, que je développerai dans la section foi-introduction.

Pour l’instant, poursuivons au niveau de la psychologie. 

Je relate cette expérience dans mon L’Équilibre… vers une identité de bonheur !

Ce projet d’écriture, échelonné sur plus d’une dizaine d’années, essaie de rendre accessible la Théorie du choix du Dr William Glasser (psychiatre).

Vous le constatez, le mot synthèse est CHOIX. En fait, les trois sections traiteront ultimement des choix qui nous appartiennent dans le but de se responsabiliser face à notre empreinte écologique, à de saines relations humaines et à notre ouverture à une spiritualité intime.

 

Jean-Luc Hétu, dans son livre Quelle foi ? (Une rencontre entre l’Évangile et la psychologie), nous donne une piste d’envol commune :

« J’ai tenté d’être clair à propos de mon approche psychologique du phénomène chrétien. Je ne réduis pas la démarche de foi à une « explication » psychologique qui n’aurait rien saisi aux enjeux de fond auxquels Dieu convie l’homme. Je crois à ce propos que les psychologues scientistes à la façon du 19ième siècle et insensibles à la dimension spirituelle de la vie réduisent grossièrement la foi aux explications partielles et extérieures qu’ils peuvent en donner. Face à ce genre de psychologue, je partage spontanément la protestation des croyants. Mais par ailleurs – les pages qui suivent vous le montreront clairement – je suis convaincu que ces « enjeux majeurs » auxquels Dieu convie les croyants, le non-croyant s’y trouve lui aussi confronté, à partir de la vie elle-même. C’est pourquoi je crois que la psychologie peut nous en apprendre beaucoup sur ce que croyants et non-croyants ont en commun. Là-dessus, je pense que seuls les esprits timorés craindront qu’on appauvrisse le chrétien en reconnaissant clairement sa solidarité fondamentale de destin avec tout homme.»

Françoise Dolto, dans son livre L’Évangile au risque de la psychanalyse, a débroussaillé ce même terrain.

« Ce que je lis dans les évangiles, en tant que formée par la psychanalyse, me paraît être la confirmation, l’illustration de cette dynamique vivante à l’oeuvre dans le psychisme humain et sa force qui vient de l’inconscient, là où le désir prend source, d’où il part à la recherche de ce qui lui manque. (…) La lecture des évangiles, je le répète, produit d’abord un choc en ma subjectivité, puis, au contact de ces textes, je découvre que Jésus enseigne le désir et y entraîne. Je découvre que ces textes de deux milles ans ne sont pas en contradiction avec l’inconscient des hommes d’aujourd’hui. Je découvre que ces textes illustrent, et éclairent les lois de l’inconscient découvertes au siècle dernier. »

 

 

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